• Une nouvelle année a commencé. Cette année 2017 sera, comme les années précédentes, sous le signe des partages. Et vu que plus on est de partageurs, plus on aime, je vous conseille de suivre la petite fleur, vous arriverez sur le blog d'une nouvelle copine, contribuant au doc du mois. Je compte sur vous pour lui réserver le meilleur des accueils ! Et n'oubliez pas qu'un petit commentaire donne le sourire à tout le monde!

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  • L’Éducation Nationale s'intéresse depuis quelques années aux enfants à haut potentiel intellectuel. Il y a d'une part un effet de mode, mais aussi une réalité du terrain : entre 2 à 3 % de la population est concernée. Leur situation peut nécessiter une scolarité aménagée (différenciation, décloisonnements, sauts de classe), ou pas. Être repérés par les enseignants, ou par les parents, ou pas. Être en échec scolaire, ou pas.

    La littérature regorge de livres traitant de la question. Certains psychologues s'en sont fait une spécialité, comme Jeanne SIAUD-FACHIN, Jean-Charles TERRASSIER ou Arielle ADDA. On trouve des blogs de parents d'enfants précoces (le plus célèbre étant les Tribulations d'un Petit zèbre, l'auteur étant elle-même HQI Asperger). Régulièrement la presse s'empare du phénomène, et encore dernièrement, des émissions de téléréalité que l'on pourrait qualifier de racoleuses, montrent certains petits phénomènes, souvent des caricatures dans l'univers des enfants dits précoces.

    Comment prendre du recul sur cette question et échapper aux lieux communs, voire aux idées reçues ? Une conférence disponible sur Internet peut vous y aider, elle propose une approche scientifique de la question, rafraîchissante au milieu de tous ces discours redondants.

    Nicolas GAUVRIT est docteur en sciences cognitives, chercheur au laboratoire CHArt (cognition humaine et artificielle. Il intervient aussi à l'ESPE du Nord-Pas-de-Calais dans la formation des futurs enseignants, entre autres. Lors de cette conférence (intervention pendant l'Intelligence day 2016, le 19/11/2016 à Bruxelles, organisé par Mensa), Nicolas GAUVRIT explique qu'il a cherché à travailler sur les idées rependues autour des personnes concernées par le haut potentiel, et à vérifier si les études scientifiques démontrent ces idées.

    (visible aussi ici : vidéo sur YouTube)

    Au début de la conférence, l'intervenant explique que beaucoup d'idées répandues naissent puis tournent en boucle sur les médias sans que personne ne s'inquiète vraiment de leur véracité scientifique.

    Il explique aussi que s'intéresser à ce sujet amène à interroger sur la définition et à l’échantillonnage des études sur le sujet.

    Si vous n'avez pas le temps de visionner cette vidéo, voici un petit topo sur ses conclusions concernant les points suivants :

    - Les élèves auraient une personnalité particulière : en cherchant les études sur la question, le seul point scientifiquement prouvé est que les personnes à haut potentiel sont généralement plus ouvertes : c'est la seule caractéristique sur la laquelle a été trouvé un -petit- écart notable. Pas de personnalité particulière donc pour les personnes à haut potentiel, à part cette petite différence.

    - La pensée en arborescence : les personnes ordinaires auraient une pensée linéaire. Les personnes à haut potentiel auraient une pensée "en arborescence", ce qui expliquerait un encombrement de la pensée. Or, cette notion de pensée en arborescence n'existe pas dans la littérature scientifique.
    Par contre la notion de pensée divergente existe, mais ce n'est pas un mode de pensée  : c'est une des composantes de la pensée ordinaire, certains l'ont juste plus que d'autres. Les personnes à haut potentiel ont en effet des scores de pensée divergente supérieure à la moyenne. En gros, elles ont plus d'idées à partir d'un point de départ unique. Mais ce n'est quand même pas la même chose que d'avoir une pensée en arborescence, ce qui n'existe pas.

    - Être surdoué c'est une calamité : l'intelligence serait anxiogène. Cette idée est généralement admise par le grand public. Sauf que la moitié des études traitant de cette question trouvent que les HQI sont aussi anxieux que les autres personnes (pas de différence), et l'autre moitié des études disent que globalement les HQI sont moins anxieux que les autres.
    Dans une étude cependant, concernant l'anxiété métaphysique des enfants ou des adolescents (les grandes questions existentielles), montre une anxiété un peu plus grande chez les hauts potentiels. Pour les autres types d'anxiété, soit pas de différence, ou moins d'anxiété chez les HQI.

    - L'échec scolaire : à partir de 130, ça augmenterait soit votre réussite scolaire, soit votre risque d'échouer à l'école, suivant la mode du moment. Qu'en est-il réellement ?
    De nos jours, on entend parler de 30 % d'échec scolaire chez les élèves concernés, voire 70 % (chiffre trouvé dans un article du Figaro étudiant). L'idée était tellement répétée, promue par les associations de parents d'enfants précoces, que le chiffre est même apparu sur le site du ministère pendant un temps. Or les sources de ces chiffres n'ont pas été trouvées. 
    Nicolas GAUVRIT cite alors une étude avec un échantillon représentatif de 30 000 élèves, sur les résultats au brevet des collèges en fonction du QI. Première conclusion de cette étude : plus le QI est élevé, plus les notes en moyenne sont élevées. Autre constatation : sur 200 élèves ayant un QI supérieur de 130, un seul a échoué au brevet (0,5 % de la population concernée). Loin des 30 % d'échec, donc.

    Pour conclure, ces idées négatives sont à éviter.
    Avoir un haut QI n'est pas un handicap, ne donne pas plus d'anxiété qu'aux autres et globalement, prédispose même à la réussite scolaire. En tout cas, les études scientifiques actuelles ne le démontrent pas, et montrent même le contraire.

    Le défaut des exemples donnés dans la littérature sur le sujet est qu'ils sont généralisés : oui, il existe des personnes à haut potentiel anxieuses et/ou en échec scolaire. Mais ce n'est pas la généralité, ni même à la hauteur des chiffres véhiculés dans les médias.

    En fin de conférence, en répondant aux questions, Nicolas GAUVRIT évoque les éventuelles difficultés d'intégration de ces élèves. Il semble qu'elles dépendent du milieu dans lequel ils évoluent, mais ont bien été repérées par les chercheurs. Il ne s'agit donc pas de les nier non plus : avoir un HQI peut amener à des difficultés d'intégration. Ou pas !

    Dans cet article, co-écrit avec Franck RAMUS (directeur de recherches au département d’études cognitives de l’École Normale Supérieure), il explique aussi qu’être très intelligent ne prédispose pas non plus à des troubles psychologiques. J'aime particulièrement sa conclusion :

    "Une des raisons de la persistance de ces mythes est que des spécialistes de terrain, qui n’ont pas le recul que donne l’épidémiologie, ont cru les observer. Ces praticiens ont hélas accès à un échantillon fortement biaisé. Les HPI qui ne souffrent pas de troubles particuliers ne consultent que peu, sont rarement repérés et pour la plupart ne connaissent pas leur QI. Pour cette raison, les cliniciens voient défiler essentiellement des HPI souffrant de divers troubles, leur donnant l’impression fausse d’un lien. Lorsqu’on prend du recul et qu’on cherche un échantillon représentatif de l’ensemble des HPI, le tableau est tout à fait différent et bien plus réjouissant pour les personnes concernées."

    Pour aller plus loin, je vous recommande la lecture de son livre  "Les surdoués ordinaires", chez PUF, où il explique la difficulté de trouver des études fiables sur le sujet, avec humour et rigueur scientifique, et expose ses conclusions sur le sujet.

     ***

    Edit du 03/02/2017 : Article paru dans "la recherche" de mars 2017 ici, plus détaillé que la conférence.

    ***

    Et maintenant, en tant qu'enseignants, que faut-il retenir de ces informations ?

    La principale chose à retenir pour moi est qu'être HQI n'est pas une catastrophe, au contraire semble-t-il. Mais que oui, cela peut amener des difficultés d'intégration, parfois des difficultés scolaires. Cependant, chaque enfant est unique et ne peut pas se résumer à un QI, puisqu'un QI ne donne pas un caractère particulier (à part cette ouverture sur le monde un peu plus grande que la moyenne). Il n'y a donc pas une recette unique à appliquer aux enfants bénéficiant d'un haut QI.

    Il me semble important de ne pas rester seul(e) : le regard de l'équipe, celui du RASED et ceux des intervenants extérieurs comme des parents doivent se croiser.
    Des aménagements peuvent être proposés dans l'intérêt de l'élève, le saut de classe ne devant pas nécessairement être la règle : un décloisonnement dans une classe au dessus pour une matière, un enrichissement de l'enseignement ponctuel ou régulier, peuvent très bien maintenir éveillé l'appétit de ces élèves, s'ils sont demandeurs.

    Et ne pas oublier, surtout, que même à haut potentiel, ce sont avant tout des enfants : ils ont besoin d'apprendre comme les autres, de travailler comme les autres, d'être encouragés comme les autres.


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